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Interview parue dans ABUS DANGEREUX face 64 (décembre1999)
GO MOTHERFUCKER! La scène rock garage sauvage et trépidante déjà bien vigoureuse avec les Jerky Turkey, Weak et autre TV Killers vient de se découvrir un nouvel élément de poids avec Gasolheads. Aprés une démo ils enchaînent directement sur l'album. Un disque brut de décoffrage qui vous vrille le neurone au fonds de la boite crânienne par une attaque de guitare et un hurlement des plus saignants. Ensuite pas de répis... Jusqu'au 13em titre les morceaux défilent à 100 à l'heure, les crocs de guitares en avant et le turbo branché sur la section rythmique. Un punk rock garage basique, sans fioriture, tout en éfficacité, comme on aime!
Q : Gasolheads s'est formé il y a à peine un an, quel sont vos antécédents musicaux?
Nous avons tous joué dans différents groupes sur Marseille. Toujours du punk-rock. Nous n'allons pas citer les noms, personne n'en a rien à foutre.Il faut quand même mentionner que Tonio, le batteur, a joué avec son père, dans un groupe garage de Nouméa. Le truc c'est qu'ils étaient déguisés SM avec les bas résilles et tout cela fait que maintenant on se retrouve avec un psychopathe à la batterie!
Q : quand on écoute votre album on pense à des groupes comme Zeke ou les New Bomb Turks. Font-ils partie de ceux que vous écoutez et qui vous inspirent?
Les New Bomb turks, sans problèmes! leur premier album est un tournant du rock'n roll. Bon pour l'inspiration , il n'y a pas que cela. Ramones, Dead Boys, Richard Hell, les Heartbreakers... Et, à côté de cela, Zeke, les Humpers, et d'autres encores... le garage moderne quoi! Nous espérons quand même avoir notre touche personnelle...
Q : Votre enregistrement a été expédié en un temps record. Comment cela s'est-il passé?
De la bière, une prise directe, de la bière, les voix, de la bière et le mix le troisième jour. Pourquoi, ce n'est pas toujours comme ça??
Q : Pourquoi avoir choisi de reprendre cet excellent morceau des Saints (demolition girl)?
Parceque c'est un excellent morceau des Saint. Pour pas que l'on n'oublie un groupe qui a sorti quelques albums fabuleux. Pour rendre hommage au Soul de la voix de Chris Bailey et au son de guitare de Ed Kuepper. "I'm Stranded" est l'un des dix meilleurs albums de l'histoire...
Q : Pouvez-vous me parler de ce double 45 prévu pour le label italien Rockin'Bones? Est-ce une sorte de version vinyl raccourcie de l'album?
Nous avons envoyé une démo à Rockin' Bones. Il a dit "OK, enregistrez mieux, plus de morceaux et on verra...". Nous avons donc foncé pour enregistrer treize titres. Il en a gardé huit pour sortir un double 45 tours. Lollipop s'est alors proposé pour sortir le CD. C'est cool de pouvoir proposer du vinyl.
Q : Qu'est ce qui compte le plus pour vous dans un morceau ?
L'énergie, le frustration, la colère. Ce qui compte le plus dans un morceau, je crois, c'est sa durée. Un titre de punk-rock de plus de 2'30 est un morceau de punk-rock progressif...
Q: Les gens de la région de Marseille me disent souvent qu'il n'y a pas de scène rock par chez eux. Etes-vous une exception?
Il y a quelques groupes, un peu de public. Nous ne sommes pas là pour pleurer. A nous de nous bouger pour participer à la création d'une scène plus importante! Marseille n'est pas morte! Peut-être qu'avec des groupes comme Sugarfix, P38 et d'autres, le good rock'n roll parviendra à mettre le feu à une cité qui est un peu endormie sous le soleil et le pastis.
Q: Si vos concerts sont proportionnel à votre album, ce doit être fort en énergie...
Nous espérons bien botter encore quelques culs avant la fin de l'année. Nous nous préparons d'ailleurs, avec une impatience mal contenue, à tourner hors de la région marseillaise.
Q : Quels sont vos projets pour les mois à venir?
Enregistrer quatre ou cinq titres pour faire du vinyl, quelques compilations en prévisions (Do the Dog!, Disagree records...) et monter une tournée avec ces trous du cul de Sugarfix!
Interview par ERIC
INTERVIEW Fanzine ARSE' PLOT No 4
Après un an et demi d'existence et une série impressionnante de concerts dans leur quartier, les Gasolheads se voient aujourd'hui confier la redoutable tâche de s'auto-interviewer pour le Arse'plot. Pour ce faire, le plus simple a été de se retrouver au " bar des maraîchers " pour une petite discussion avec Stéphane, le big boss de Lollipop records. C'est lui qui pose les questions et Olivier et Pascal (voix et guitare) qui répondent
Q : Des punks marseillais, ça sonne un peu bizarre, non ?
P : Houla, punk, comment tu y vas ! Moi je considère que j'ai plus été punk à partir du moment où j'ai plus porté ma ceinture à clous.
O : C'est vrai, c'était le symbole de sa liberté
P : En tous cas ça sonne pas plus bizarre que label punk marseillais.
Q : Vos influences ? s'il ne vous fallait citer que trois groupes ?
O : Ramones, Zeros et Blitzkrieg Boys
P : Ah Ah Ah ! C'est pas vrai, il dit ça pour nous faire remarquer. En fait notre truc c'est le punk-rock 77 : Heartbreakers, Saints, Damned, les Dogs
O : Ramones
P : C'est bon, on a compris.
O : Et pour le groupes de maintenant, je crois qu'on peut citer : Devil Dogs, Rip Offs, New Bomb Turks, les Humpers
Q : Et dans les derniers trucs qui vous ont fait flasher ?
O : Le double des Registrators, le Steve Mac Queens sur Radio Blast
P : Turbo AC's
O : Ouais, et des groupes français aussi, on va dire Machine Gun Kelly, les BooBoo's de Montpellier Jerry Spider Gang
Q : Bon, ça fait quoi d'être des célébrités qui ont vendu 40 disques ?
P : Ah Ah Ah ! Salaud !
O: Enculé!
P: En fait, si on considère que nos potes en ont acheté vingt et notre famille une dizaine, ça veut dire qu'on a réellement vendu prés de dix, et ça crois moi, on en est pas peu fier
Q : Comment va " Ronnie Wild " Gualtiero, le Boss de Rockin'Bones ?
O : À priori il va bien, mais depuis qu'il a vaguement parlé de nous faire tourner en Italie et qu'on a dit oui, bizarrement on a plus de nouvelles
P : Sinon le mec a l'air cool et le double 45 s'est très bien passé avec lui ça permet de proposer du vinyl, vu que certains labels marseillais n'en font plus
Q : Eh eh eh ! Pascal, il parait que tu t'es fait remarquer dans la loge des Dogs à Montpellier?
P : Ah ouais, merde ! J'avais un peu bu et j'ai fait n'importe quoi, j'ai vouvoyé Dominique Laboubée, après je leur ai dis à quel point je les aimais, enfin, ce genre de choses idiotes
Q : Les préférences des Gasolheads ? Joint ou bière ? vinyl ou CD ? Stooges ou MC5 ? OM ou PSG ?
O : Bière, Vinyl, Stooges heuuu
P : Quand à l'OM, je défie quiconque de s'en battre les couilles plus que moi mais ceci dit, il ne faut pas exagérer et fuck le PSG !
Q : Le mot de la fin ?
Punk rock !
Le Fanzine est livré avec un 45 et une cassette. Dispo pour 30f (port compris) à : ARSE' PLOT Christophe Chantier, 4 rue A. Lumiere - 69150 Decines
Q : Peux tu nous présenter le groupe et nous dire ce qui vous a poussé à le monter ?
Nico, basse, Pascal, Guitare, Olivier gasoil à la voix et Tonio Montana à la batterie. On a monté le groupe par amour du punk-rock et par esprit de revanche. Nos précédents combos n'ont éveillé l'attention de personne, faut croire que la merde n'intéresse personne, et là c'est bon, je sens que ça vient on va tous les avoir! Ça permet surtout de faire pleins de trucs indispensables, boire gratuit, exposer son ego, visiter des coins impensables et surtout, surtout rencontrer des gens cools.
Q : Quelles sont vos influences et comment définiriez-vous votre style ?
Nos influences sont wock'n woll, de 1955 à 1977 (Saints, les Dogs, Ramones, Heartbreakers ), en poussant une pointe vers certains groupes actuels qui ont les même racines (Lazy cowgirls, Zeke, Dwarves )
Quand à notre style, ma foi, je ne pense pas qu'il soit trop hasardeux de dire qu'on fait du punk rock'n roll. On essaye juste de faire des morceaux simples, courts et surtout à fonds.
Faut profiter, tant qu'on est jeune !
Q : Y-a-t-il un sens particulier au nom du groupe ?
Le nom a effectivement un sens particulier, ça veut dire : les têtes fioul. En fait, quand on a commencé le truc en octobre 98 on était parti dans un délire style nom de gang dans West Side Story, ça donnait des trucs comme The Blue panthers, The Red Sharks, The Handsome Demons Mais bon, tout le monde se foutait de notre gueule, on a donc pris un truc court et explosif, héhé, voilà voilà
Q : Comment s'est passé la tournée ?
Très bien, juste quatre dates dans le nord-est, le van n'a pas craqué (un combi Volkswagen de hyppies, comme dans scoubidou ), pas de plan galère, les patrons de clubs ne se sont pas trop fait tirer l'oreille pour nous payer. Bon, à Pontarlier la police est venue arrêter le concert après à peine dix morceaux pour cause de bordel sonore, mais c'était marrant. À part pour Exxon Valdez qui n'a pas pu jouer, haha, bien fait !
Q : À Nancy vous avez joué avant Exxon Valdez, c'est parce qu'il jouent trop vite pour vous ?
Putain, on est jaloux, ces mecs peuvent jouer trente morceaux en une demi-heure ! Nous dans la même durée on arrive à peine à en faire vingt ! La même chose pour le split 45 qu'on sort ensemble (dangerous at drive records), sur une face ils peuvent mettre cinq titres alors que nous on arrive à en caser seulement trois mais bons, pour fâcher personne on va pas parler de quantité et de qualité
Q : Comment fait-on du garage punk à Marseille alors qu'il n'y a apparemment ni garage ni punk ?
Mine de rien il y a quelques bons groupes à Marseille, je pense notamment aux Cowboys from outter Space (rock déjanté à la Blues Explosion-Chrome Cranks) et Sugarfix (Rock'n Roll Hardcore, avec une bonne pincée de Social Distortion). On va d'ailleurs tourner avec ces derniers en juin. Marseille n'est pas très rock comme ville, mais c'est pas en se lamentant sur son sort que les choses évoluent, c'est pourquoi on organise des concerts dans un petit club sympa du centre (la Machine à coudre). On y fait jouer des trucs comme les TV Killers, Jerky Turkey, Le Jerry Spider Gang à venir, Deniz Tek, les Beach Bitches, Dare Dare Devils Et on essaye toujours de caser un groupe local en première partie. Marseille propose aussi des bons labels : Lollipop records, Disagree, Pandemonium qui même s'ils ne sont pas tous à proprement parler " garage " font un boulot de qualité.
Q : Sur Rockin'Bones, vous avez sorti un double 45. Pourquoi ne pas avoir tenté un 10' ?
Alors là, mystère. C'est le label qui décide. On a envoyé les morceaux et Gualtiero (le boss de R'B) en a fait ce qu'il lui semblait le mieux. Il nous a consulté avant bien entendu, et on a été OK tout de suite. Avec un double 45 tu as plus de vinyl qu'avec un 25 cm pour le même prix, c'est cool
Q : Connaissez-vous la scène rock Québécoise ?
À donf ! On connaît Lightnin' Bob Charlebois et Howlin' Wolf Courtemanche ! Sinon, les groupes québecois qu'on écoute sont les incontournables Spaceshits, les Daylight Lovers, des trucs sur Sultan records On connaît un peu Les Vipères, les Secrétaires Volantes peu de choses en fait honnêtement on est très peu calé sur ce qui se passe là-bas.
Q : Quel est le message principal des Gasolheads ?
Dans nos textes on parle de frustration, de colère et de révolte aveugle, enfin ce genre de connerie vues sous un angle quotidien. De toute façon personne ne comprend ni sur disque ni sur scène. On ne fait passer aucun message en particulier dans la mesure ou ce style de musique véhicule en elle même toute une suite d'idées et d'opinions qui sont partagées par 95% des gens qui l'écoutent. Et aussi : mangez de la viande saignante, baisez sans capote et prenez de la coke !
Q : Le mot de la fin ?
Punk-rock !
Ce Fanzine est disponible en le demandant à l'adresse : joel.clouteau@wanadoo.fr